Quelle est la portée réelle de votre WiFi ?
C’est une question qui revient très souvent lors de mes échanges avec les clients de PEARL.fr souhaitant s’équiper d’un répéteur ou d’objets connectés. Entre les promesses théoriques des constructeurs et la réalité du terrain, il y a souvent un fossé !
C’est pour combler cet écart que vous cherchez des conseils avisés. Pourtant, je dois l’admettre : sur ce point précis, mes réponses manquent parfois de certitude. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une multitude de facteurs entrent en jeu.
Cet article est donc là pour vous donner toutes les clés afin que vous puissiez, par vous-même, estimer la portée de votre réseau et trouver les meilleures solutions pour l’améliorer. Pour y répondre, il faut d’abord accepter une idée simple :

👉 Le WiFi obéit aux lois de la physique.
Bonne nouvelle : nul besoin d’être ingénieur pour comprendre comment ça marche ! Je vous propose d’explorer ensemble, de façon concrète, tout ce qui influence le voyage de vos ondes à la maison. L’objectif ? Vous aider à y voir plus clair pour faire les meilleurs choix.
1. Le WiFi : une onde invisible, mais finalement très concrète
Avant de parler de murs ou de routeurs, comprenons ce qu’est vraiment le WiFi. Contrairement à une croyance tenace, le signal ne « s’épuise » pas tout seul avec le temps : il perd de son énergie en rencontrant la matière.
Qu’est-ce que le « WiFi » au juste ?
Le terme WiFi est souvent perçu comme l’abréviation de Wireless Fidelity, mais pour la petite histoire, c’est avant tout un nom commercial créé pour être simple à retenir ! Techniquement, il s’agit d’une technologie de transmission d’ondes radio (la norme IEEE 802.11 pour les intimes) qui permet de faire circuler des données sans le moindre câble.
Quelques caractéristiques clés
Le WiFi est une onde électromagnétique, au même titre que la lumière ou les ondes radio, mais avec ses propres spécificités :
- Il est ultra-rapide : Il se propage à la vitesse de la lumière, soit environ 300 000 km/s.
- Il est immatériel : Il n’a pas besoin de support physique (fil) pour voyager.
- Il transporte du sens : L’information est codée sous forme de variations de l’onde (un peu comme du morse invisible).
- Il est sensible : Il perd de l’énergie dès qu’il doit traverser un objet ou parcourir de la distance.

L’analogie de la lampe : une image parlante
Pour estimer votre portée, imaginez que votre box est une lampe allumée :
- La distance : Plus vous vous éloignez de la lampe, plus la lumière reçue est faible.
- La transparence : Une cloison fine en placo agit comme un rideau blanc : la lumière passe au travers, mais elle est un peu tamisée.
- L’opacité : Un mur épais en béton ou une plaque métallique agit comme un volet fermé : la lumière est stoppée net.
C’est cette « luminosité » que votre smartphone essaie de capter. Si l’obstacle est trop dense, votre appareil se retrouve « dans le noir », même s’il n’est qu’à quelques mètres de la box.
Le saviez-vous ? Il existe aussi le Li-Fi (Light Fidelity). Cette technologie utilise la lumière visible (celle de vos ampoules LED) pour transmettre des données. C’est la preuve ultime que le WiFi et la lumière sont de très proches cousins !
2. La portée théorique vs la portée réelle : Pourquoi les chiffres mentent (un peu)
Lorsque vous lisez la fiche technique d’un routeur ou d’un répéteur chez PEARL, vous voyez souvent des chiffres flatteurs : une portée de 30 mètres en intérieur et jusqu’à 100 mètres en extérieur. Si ces mesures sont techniquement vraies, elles correspondent à ce que l’on appelle des conditions « en champ libre ».
Imaginez que vous posiez votre box au milieu d’un immense hangar vide ou d’un champ sans un seul arbre. Dans ce scénario idéal, le signal voyage sans encombre, sans aucune interférence ni aucun obstacle pour lui barrer la route. Malheureusement, nos logements ne ressemblent pas vraiment à des hangars vides !

La portée n’est pas une distance, c’est un « budget d’énergie »
En conditions réelles, la portée ne se mesure pas seulement en mètres, mais surtout en capacité de résistance. Chaque obstacle rencontré par l’onde WiFi consomme une partie de son « budget » d’énergie initial.
Pour mieux comprendre, imaginez que votre WiFi commence son voyage avec un plein d’essence. À chaque mur traversé, il consomme une grosse partie de son réservoir :
- Le mur léger (Placo, bois) : L’impact est faible. Le signal consomme un peu d’énergie mais continue sa route sans trop ralentir.
- Deux murs en brique : Ici, la chute est sévère. Le signal doit forcer pour traverser la matière dense, et la vitesse chute drastiquement.
- Le mur porteur (Béton armé) : C’est le mur de trop. Si vous utilisez la bande de fréquence 5 GHz (la plus rapide), elle sera stoppée net, car ses ondes courtes n’ont pas la force de transpercer l’armature métallique du béton.

Le « bruit » des voisins
À cela s’ajoute un facteur invisible : l’encombrement. Dans un immeuble, votre WiFi n’est pas seul. Les réseaux de vos voisins, les ondes de votre micro-ondes ou même vos appareils Bluetooth créent un « bruit » ambiant. C’est comme essayer de tenir une conversation dans une pièce où tout le monde crie : même si vous n’êtes qu’à deux mètres de votre interlocuteur, vous aurez du mal à le comprendre.
En résumé : Votre portée réelle dépend moins de la puissance de votre box ou de votre routeur que de la configuration de votre domicile. Une maison de 100 m² tout en bois sera couverte sans effort, alors qu’un appartement de 40 m² avec des murs en pierre pourra représenter un véritable défi technique.
3. Comprendre les décibels
Pour mesurer la force de votre signal, les techniciens n’utilisent pas des mètres, mais des dBm (décibel-milliwatts). C’est ici que réside le plus grand secret de la portée WiFi : l’échelle n’est pas « droite », elle est ce qu’on appelle logarithmique.
Derrière ce mot complexe se cache une réalité très simple à comprendre : le signal ne baisse pas petit à petit, il s’effondre par paliers massifs.
La règle d’or : le « divisé par deux »
En WiFi, chaque fois que vous perdez 3 dB, vous divisez la puissance de votre connexion par deux. Si vous perdez 10 dB, la puissance est divisée par dix !
Pour vous aider à visualiser, voici à quoi correspond cette échelle de puissance dans votre usage quotidien :
- -30 à -50 dBm (Excellent) : Vous êtes juste à côté de la box. C’est le grand luxe, idéal pour le streaming 4K ou le jeu vidéo sans aucun ralentissement.
- -60 dBm (Correct) : C’est 10 fois moins puissant que le niveau précédent. La navigation reste fluide, mais on commence à sentir les premiers signes de fatigue si plusieurs personnes utilisent le réseau.
- -70 dBm (Faible) : On arrive à 100 fois moins de puissance. C’est le seuil critique : les vidéos commencent à charger avant lecture, et les appels en visio peuvent saccader.
- -80 dBm (Inutilisable) : Le signal est 1000 fois plus faible qu’au départ. Votre appareil affiche peut-être encore une petite barre de WiFi, mais les données ne circulent pratiquement plus. C’est ce qu’on appelle une « zone morte ».
Pourquoi est-ce important pour vous ?
Cette échelle explique pourquoi une petite modification chez vous peut avoir un impact énorme. Si votre signal est déjà un peu juste (autour de -70 dBm) et que vous fermez une porte en bois massif (qui retire environ 3 dB), vous venez instantanément de diviser par deux la puissance restante.
👉 C’est précisément pour cela qu’une perte qui semble minime sur le papier peut faire basculer votre connexion d’un état « correct » à un état totalement « inutilisable ». Estimer sa portée, c’est donc avant tout traquer ces précieux décibels perdus !
4. Les matériaux : là où le WiFi perd vraiment la bataille
Si vous voulez estimer jusqu’où ira votre signal, vous devez regarder vos murs avec un œil de technicien. Tous les matériaux ne sont pas des ennemis, mais certains sont de véritables « tueurs » de WiFi.
Pourquoi certains matériaux bloquent-ils plus que d’autres ?
Il n’y a pas de magie là-dedans, seulement trois phénomènes physiques simples :
- La Réflexion : Le métal se comporte comme un miroir pour le WiFi. Au lieu de laisser passer l’onde, il la renvoie dans l’autre sens. Un bardage métallique sur une façade de maison un grand classique qui bloque la connexion d’une caméra de surveillance.
- L’Absorption : Certains matériaux « mangent » l’énergie de l’onde. C’est le cas de l’eau : comme le WiFi utilise des fréquences proches de celles d’un micro-ondes, l’eau absorbe cette énergie pour chauffer (très légèrement).
- Le Mix Fatal : Le béton armé est le pire ennemi, car il combine la densité du béton (qui absorbe) et un maillage de fer (qui réfléchit).
Tableau récapitulatif de vos obstacles
Voici un petit guide pour évaluer le « coût » de chaque mur que votre WiFi doit traverser :
| Matériau | Perte typique | Ce que ça signifie pour vous |
| Placo / Cloison bois | -3 à -5 dB | Peu d’impact. C’est un obstacle léger, le signal passe facilement. |
| Porte en bois épaisse | -6 à -8 dB | Impact visible. La puissance est déjà divisée par 4 ou 5. |
| Brique pleine | -7 à -10 dB | Signal très affaibli. Votre WiFi ressort « fatigué » de l’autre côté. |
| Béton armé | -25 à -40 dB | Quasi mur WiFi. Le signal a très peu de chances de passer. |
| Miroir / Métal | -30 dB et + | Réflexion totale. Le signal rebondit mais ne traverse pas. |
| Eau (Aquarium, ballon) | -15 à -20 dB | Absorption directe. L’onde s’arrête net dans l’eau. |

L’angle d’attaque : le piège invisible
C’est sans doute le point le plus important pour estimer votre portée réelle. Pour le WiFi, l’épaisseur d’un mur dépend de la manière dont il le traverse.
Si votre box est placée de telle sorte que l’onde arrive « de biais » (en diagonale) dans un mur, l’épaisseur de matière à traverser est mécaniquement doublée, voire triplée ! C’est une cause très fréquente de mauvaise réception : en décalant votre box ou votre ordinateur de seulement un mètre, vous pouvez parfois « redresser » cet angle et retrouver une connexion stable.
👉 Mon conseil : Tracez une ligne imaginaire entre votre box et votre appareil. Si cette ligne traverse un mur de manière très oblique, cherchez une position qui permet une traversée plus « directe ».
Le cas particulier du verre : attention aux apparences !
Le verre est l’un des matériaux les plus imprévisibles pour votre signal. Selon son type, il peut être soit votre meilleur ami, soit un obstacle infranchissable :
- Le verre classique (fenêtres anciennes, cloisons simples) : Avec une perte de seulement -2 à -3 dB, c’est presque transparent. Le signal passe sans trop de perte.
- Le double vitrage moderne : Ici, ça se complique. Pour isoler du froid, ces vitres contiennent souvent une fine couche de gaz (argon) et parfois un traitement thermique invisible. La perte monte à -5 ou -8 dB.
- Le verre « Low-E » (Basse émissivité) ou teinté : C’est le piège ultime. Ces baies vitrées haute performance reçoivent une pulvérisation de particules métalliques invisibles pour rejeter la chaleur. Comme nous l’avons vu, le WiFi déteste le métal. Résultat : une perte de -15 à -20 dB. C’est pour cela qu’on ne capte parfois plus rien sur une terrasse alors qu’on est juste derrière une baie vitrée !
| Matériau | Perte typique | Ce que ça signifie pour vous |
| Vitre simple | -2 à -3 dB | Presque invisible pour le WiFi. |
| Double vitrage | -5 à -10 dB | Impact modéré, le signal commence à peiner. |
| Baie vitrée « Low-E » | -15 à -25 dB | Écran sérieux. Bloque le signal vers l’extérieur. |
💡 Le conseil pour votre extérieur : C’est une situation que je vois souvent : un client installe sa box juste derrière sa magnifique baie vitrée orientée vers la terrasse, mais ne capte plus rien dès qu’il passe le pas de la porte. Dans ce cas précis, inutile d’installer un répéteur classique à l’intérieur du salon : il butera sur le même bouclier thermique que votre box.
Si vous voulez profiter du WiFi dans votre transat, la solution est ailleurs : essayez de placer votre répéteur près d’une ouverture « standard » (une petite fenêtre non traitée, par exemple) ou, mieux encore, optez pour une borne WiFi extérieure étanche. C’est le seul moyen de contourner efficacement l’obstacle du verre haute performance et d’envoyer le signal directement là où vous vous trouvez.
5. Les fréquences : pourquoi le WiFi rapide va moins loin
C’est sans doute le point qui génère le plus de confusion. Pour estimer votre portée, vous devez comprendre que votre WiFi n’est pas un signal unique, mais qu’il emprunte différentes « autoroutes » appelées bandes de fréquences. La règle d’or ici est simple : plus une onde est rapide, plus elle déteste les obstacles.
La longueur d’onde : une question de physique
La fréquence (les GHz) détermine la taille de l’onde. C’est cette taille qui change tout lorsqu’il s’agit de traverser un mur :
- Le 2,4 GHz (Ondes longues) : Ses ondes sont plus grandes, ce qui lui permet de mieux « pénétrer » les matériaux et de contourner les obstacles. C’est le baroudeur de votre installation.
- Le 5 GHz (Ondes courtes) : Ses ondes sont serrées et rapides. Elles transportent beaucoup plus de données, mais elles s’épuisent au moindre choc contre une paroi.
- Le 6 GHz (WiFi 6E et 7) : C’est la toute nouvelle autoroute ultra-rapide. Elle offre des débits exceptionnels, mais elle est encore plus fragile que le 5 GHz face aux murs.
Le comparatif pour y voir clair
Voici comment se comportent ces trois bandes dans votre logement :
| Bande de fréquence | Portée | Débit (Vitesse) | Sensibilité aux murs |
| 2,4 GHz | Excellente | Moyenne | Faible (traverse bien) |
| 5 GHz | Moyenne | Élevée | Forte (s’essouffle vite) |
| 6 GHz | Faible | Très élevée | Très forte (ne supporte aucun obstacle) |
Un cas très courant : « J’ai du WiFi, mais c’est lent »
C’est un symptôme classique que vous avez peut-être déjà observé chez vous. Vous êtes dans une pièce éloignée, votre téléphone affiche « toutes les barres », mais rien ne charge ou la vidéo saccade.
Pourquoi ? Votre appareil est intelligent : voyant que le signal 5 GHz (rapide) était trop affaibli par les murs, il a basculé automatiquement sur le 2,4 GHz. Vous captez donc très bien l’onde (la portée est là), mais comme cette autoroute est moins rapide et plus encombrée, le débit chute.
6. Le WiFi ne voyage pas (toujours) en ligne droite
C’est un point souvent mal compris : on imagine que le signal part de la box vers notre téléphone comme une flèche. En réalité, le WiFi se diffuse plutôt comme un gaz ou comme du son dans une cathédrale.

La Réflexion : le billard des ondes
Les ondes WiFi adorent rebondir ! Elles ricochent sur les surfaces lisses et dures comme le carrelage, les murs peints ou les grandes surfaces vitrées.
- Le bon côté : Cela peut aider la couverture. Le signal rebondit dans un couloir pour atteindre une pièce qui n’est pas en « vue directe » de la box.
- Le mauvais côté : Ces rebonds créent des zones de réception très irrégulières. Deux endroits distants de 20 cm peuvent capter de façon totalement différente à cause de ces échos invisibles.
La Diffraction : l’onde qui s’effiloche
Un peu comme l’eau d’une rivière qui contourne un rocher, le WiFi peut « couler » autour d’un obstacle (un coin de mur, un montant de porte). On appelle cela la diffraction. C’est grâce à elle que vous captez encore un peu dans le couloir, même si la porte est fermée. Mais attention : à chaque fois que l’onde doit faire cet effort pour contourner un objet, elle perd énormément d’énergie.
Les Zones d’ombre : le « trou noir » derrière les objets
Tout objet massif et dense crée un cône sans signal juste derrière lui, exactement comme une ombre portée derrière un objet éclairé par une lampe. Les pires coupables dans une maison sont :
- Le réfrigérateur (une masse d’acier et d’eau).
- L’armoire métallique ou le coffre-fort.
- Le pilier en béton armé.
👉 L’astuce magique : Parfois, déplacer votre box de seulement quelques dizaines de centimètres suffit à sortir votre ordinateur d’une zone d’ombre ou à modifier l’angle d’un rebond. C’est une manipulation gratuite qui peut changer radicalement la stabilité de votre connexion !
7. Mesurer son WiFi comme un adulte (et arrêter de compter les barres)
Pour terminer ce tour d’horizon, il est temps de tordre le cou à une idée reçue : les « petites barres » sur l’écran de votre smartphone. Ces barres ne sont malheureusement pas une mesure fiable. Pourquoi ?
- Elles ne sont pas standardisées : Trois barres sur un iPhone ne valent pas forcément trois barres sur un Samsung.
- Elles mentent souvent : Elles indiquent que vous « voyez » le réseau, mais pas que vous pouvez « discuter » avec lui. Elles ne reflètent absolument pas votre débit réel.
La vraie valeur : le dBm
Pour faire un vrai diagnostic chez vous, vous devez chercher une valeur exprimée en dBm (le décibel-milliwatt). C’est le langage que nous, les conseillers, utilisons pour comprendre ce qui se passe vraiment derrière vos murs. Vous pouvez trouver cette information grâce à des applications gratuites comme WiFi Analyzer (Android) ou l’utilitaire Airport (iOS).
Voici le tableau de bord à retenir pour évaluer votre connexion :
| Valeur en dBm | Qualité du signal | Ce que vous pouvez faire |
| -30 à -50 | Exceptionnelle | Vous êtes à côté de la box. Parfait pour tout. |
| -60 | Très bonne | Idéal pour la 4K et le télétravail sans stress. |
| -65 | Limite confortable | C’est la frontière psychologique. Tout fonctionne, mais la moindre porte fermée peut vous faire basculer. |
| -70 | Instable | Le signal décroche, les visios commencent à « freezer ». |
| -80 | Inutilisable | Le signal est là, mais les données ne circulent plus. |
👉 Le chiffre magique : -65 dBm. Si vous mesurez cette valeur dans votre canapé, vous êtes sur le fil du rasoir. C’est le moment idéal pour envisager un répéteur ou un système Mesh afin de redonner de la marge à votre budget d’énergie.
8. Les interférences : quand le « bruit » invisible réduit votre portée
Jusqu’ici, nous avons parlé des obstacles physiques (murs, vitres), mais il existe un autre facteur, totalement invisible celui-là, qui peut ruiner votre portée : le brouillage. En ville ou en appartement, votre WiFi n’est jamais seul, et cela change tout.
Le WiFi, c’est comme une conversation dans un bar
Imaginez que vous essayez de discuter avec un ami.
- Si la salle est vide, vous vous entendez à 10 mètres sans problème.
- Si la salle est bondée et que tout le monde crie, vous devez vous coller l’un à l’autre pour vous comprendre.
Le WiFi fonctionne de la même manière. Si l’air est saturé d’ondes, votre box doit « crier » plus fort ou répéter ses messages, ce qui réduit drastiquement la portée utile et la vitesse.
Les sources de brouillage les plus fréquentes
Vous seriez surpris de savoir quels objets du quotidien viennent perturber vos ondes :
- Les réseaux des voisins : C’est le premier coupable. Si votre voisin a placé sa box juste de l’autre côté de votre mur, vos deux signaux se percutent.
- Le Bluetooth et les objets connectés : Ils utilisent souvent la même bande de fréquence (2,4 GHz) et créent un « bruit de fond » permanent.
- Les babyphones et caméras sans fil : Ces appareils sont souvent très « bruyants » et saturent l’espace autour d’eux.
- Le four à micro-ondes : C’est le grand classique. Comme il travaille sur la fréquence 2,4 GHz, un micro-ondes mal blindé peut couper totalement le WiFi de la cuisine dès qu’il est en marche !
Le piège des canaux
Pour éviter de se marcher dessus, le WiFi est divisé en « canaux » (un peu comme des stations de radio). Si deux box puissantes sont réglées sur le même canal, elles vont se gêner mutuellement, même à courte distance.
👉 Le conseil pratique : La plupart des box modernes gèrent cela toutes seules, mais si vous sentez que votre portée s’effondre le soir (quand tous vos voisins rentrent chez eux et allument leur WiFi), un simple redémarrage de votre box peut l’aider à scanner l’environnement et à choisir un canal plus calme.
9. Le placement : le facteur le plus rentable de votre installation
Avant même de sortir votre carte bleue pour acheter un nouvel équipement chez PEARL, il existe une solution totalement gratuite qui peut transformer votre connexion : optimiser le placement de votre box ou de votre répéteur. Comme nous l’avons vu, le WiFi est une onde sensible ; sa position de départ détermine tout le reste du voyage.

Les 4 règles d’or pour un placement idéal
Si vous voulez maximiser la portée sans dépenser un centime, suivez ces principes simples :
- Visez le centre du logement : On a souvent tendance à laisser la box dans l’entrée ou dans un coin du salon. C’est une erreur ! En la plaçant au centre de votre habitation, vous réduisez la distance moyenne vers toutes les pièces et évitez d’envoyer la moitié du signal chez le voisin ou dans la rue.
- La règle de la « hauteur d’homme » : Ne posez jamais votre box au sol. Le WiFi rayonne un peu comme la lumière d’un plafonnier. Si elle est par terre, une grande partie du signal est immédiatement absorbée par la dalle en béton ou le parquet. Placez-la sur un meuble à environ 1m20 ou 1m50 du sol.
- L’espace dégagé : Enfermer sa box dans un meuble TV en bois ou, pire, dans un placard métallique, c’est comme conduire avec un pare-brise peint en noir. Laissez votre box « respirer » dans un espace ouvert pour que les ondes puissent rayonner sans buter contre un obstacle dès le premier centimètre.
- Fuyez le métal et l’électronique : Ne posez pas votre box directement sur un amplificateur home-cinéma, derrière votre téléviseur ou à côté d’un frigo. Ou même comme je l’ai fait tant d’années en mettant ma box dans une baie murale ! Ces masses métalliques et ces composants électriques créent des interférences immédiates qui étouffent le signal à la source.
Le chiffre à retenir
👉 Une box posée au sol peut perdre jusqu’à 30 % de sa surface de couverture réelle. En la remontant simplement sur une étagère, vous pourriez soudainement capter dans la chambre du fond sans rien avoir changé d’autre !
Petit rappel pour votre répéteur : Appliquez les mêmes règles. Un répéteur posé au sol derrière un canapé ne pourra jamais faire de miracles, même s’il est très puissant. Donnez-lui de la hauteur et de l’espace !
10. Répéteur, CPL ou Mesh : quelle solution pour vos limites ?
Une fois que vous avez optimisé le placement de votre box et identifié vos obstacles, vous réaliserez peut-être que la physique a ses limites. Pour aller plus loin, trois technologies s’offrent à vous, mais attention : elles ne fonctionnent pas du tout de la même manière.
Le Répéteur WiFi : l’amplificateur de secours
C’est la solution la plus courante. Son rôle est simple : il écoute le signal de la box et le « répète » plus fort autour de lui.
- La limite : Il ne peut amplifier que ce qu’il reçoit ! Si vous le placez dans une zone où le signal est déjà dégradé (le fameux -80 dBm), il ne fera que répéter un signal de mauvaise qualité, mais plus fort.
- La règle d’or : Il doit être placé en zone saine, idéalement à mi-chemin entre votre box et la zone à couvrir.
Le CPL WiFi : le tunnel électrique
Le Courant Porteur en Ligne (CPL) est une astuce géniale : il utilise les fils électriques de vos murs pour transporter internet, contournant ainsi les obstacles physiques comme les murs en béton.
- Le point fort : Il traverse les murs les plus épais sans aucune perte de signal WiFi.
- La limite : Tout dépend de la qualité de votre installation électrique. Si votre réseau est ancien ou si vous branchez le boîtier sur une multiprise, les performances peuvent chuter drastiquement.
Le Système Mesh (Réseau maillé) : la solution « Sérénité »
C’est la Rolls-Royce du WiFi moderne. Au lieu d’avoir une box et un répéteur qui travaillent chacun de leur côté, les boîtiers Mesh discutent entre eux pour créer un seul et même réseau cohérent dans toute la maison.
- L’avantage : Il compense intelligemment les pertes et gère lui-même le passage du 2,4 GHz au 5 GHz sans que vous ne remarquiez rien. C’est la solution la plus fiable pour les grandes surfaces ou les maisons à étages.
- Le bémol : C’est l’investissement le plus coûteux, mais c’est souvent le seul qui règle définitivement les problèmes de « zones mortes ».
Conclusion : le WiFi n’est pas capricieux, il est logique
À travers ces dix points, on comprend que la « magie » du WiFi n’existe pas : tout est une question de physique. Si votre connexion est capricieuse, ce n’est presque jamais un mystère ou une fatalité. C’est, dans l’immense majorité des cas, la conséquence logique d’un environnement précis :
- Un mur de trop qui épuise le budget d’énergie.
- Une fréquence mal adaptée (le 5 GHz qui s’essouffle trop vite).
- Un placement maladroit (la box oubliée au sol ou dans un placard).
- Ou un logement exigeant qui nécessite simplement un coup de pouce technologique.
Comprendre la portée réelle des ondes, c’est avant tout reprendre le contrôle de son installation. En posant un diagnostic lucide sur vos obstacles et vos matériaux, vous vous épargnez bien des frustrations, vous évitez des achats inutiles et, surtout, vous gagnez enfin en efficacité.
Alors, avant de blâmer votre box, faites le tour de vos murs, sortez votre application de mesure et n’oubliez pas : parfois, il suffit de quelques centimètres vers le haut pour que tout s’éclaire !






